Archives pour décembre 2007|Archives mensuelles

Louise Bourgoin

bourgoin.jpg Louise Bourgoin officie sur Canal+ au Grand Journal où elle est en charge de la météo. Louise Bourgoin fait partie de ces nouveaux leaders d’opinion dont le PAF se nourrit avec avidité. Louise Bourgoin est belle. Louise Bourgoin est grande. Louise Bourgoin est une chroniqueuse comme on en fait plus (entendre “plus” comme une notion d’incrémentation).
Louise Bourgoin joue à domicile. Quelque soit la valeur de l’invité plateau, le public la porte et la rehausse. Il l’applaudit. L’ovationne quelquefois. Des murmures d’approbation ponctuent ses interventions. Quelque soient les thèmes abordés, les personnalités présentes, Louise Bourgoin a son avis. Louise Bourgoin est très polyvalente.
Louise Bourgoin est bohème, Louise Bourgoin est Canal+. Louise Bourgoin est une actrice, une artiste. Louise Bourgoin est malicieuse. Louise Bourgoin a de l’importance. Sa rubrique est un moment phare de l’émission.
Louise Bourgoin est rémunérée. L’abonnement de Canal+ est cher…

 

La bavasse du sans-soucis

kine.gif J’ai une douleur récurrente au niveau de la 5ème vertèbre. Des séances de kiné m’ont été prescrites afin de soulager cet état. Au fil de mes rencontres avec le praticien qui s’occupe de ma charpente, j’ai pu nouer un dialogue très convivial. Futile à souhait. J’appelle ces échanges “la Bavasse du sans-soucis”.
En effet, les thématiques abordées sont spécifiquement choisies pour éviter de heurter les sensibilités les plus courantes. Vous pouvez, par exemple, user de ces sujets lors de diners chez votre beau-frère, vos collègues, vos amis éméchés, etc. Ce langage dédié à même fait des miracles lors d’une réunion d’homosexuels syndicalistes issus des minorités. C’est dire ! Ce savant langage est composé d’une combinaison de termes empruntant à la météorologie, la programmation télévisuelle, les enfants ou encore les loisirs.
Lors d’une séance de massage, très relaxante au demeurant, j’interrogeais mon kiné sur les investissements nécessaires à son commerce. J’aurais pu parler du temps qu’il faisait, mais nous en avions largement discuté durant la vingtaine de séances antérieures. Là, je commis une erreur de débutant. De celles que je ne commets jamais en temps usuel. Je laissais glisser notre discussion sur les remboursements de la sécurité sociale. Il faut comprendre que ce sujet est totalement banni en mode “bavasse du sans-soucis”. Il possède une connotation trop politique.
J’en étais déjà à préparer mon esprit à une joute verbale, dont la trame bloc de droite/bloc de gauche semblait écrite à l’avance, quand l’impossible se produisit.
“Nous avons un système de protection formidable en théorie qui malheureusement ne tient plus économiquement. Il serait temps d’accepter certaines réformes afin que nous puissions en préserver l’essentiel.” Cette femme en blouse blanche, dont les mains, affermies par les innombrables heures de soins qu’elles avaient prodiguées, pétrissaient sans relâche mes muscles dorsaux. Cette femme, sans prosélytisme aucun, venait de formuler l’évidence dont les plus grands orateurs n’avaient pu donner la synthèse. Cette femme, ni de droite, ni de gauche, venait de sauver notre monde.
Je lui demandais “Prenez-vous souvent le train?”